L'Europe affiche une résilience remarquable en ce début 2026. Le STOXX 600 évolue près de ses plus hauts historiques, porté par un environnement macro favorable : taux BCE stables à 2%, inflation en zone euro retombée à 1.7%, et un puissant stimulus fiscal allemand de €500 milliards sur 10 ans. Les marchés européens ont surperformé les indices américains en 2025, et cette tendance se poursuit.
| Indicateur | Valeur | Signal |
|---|---|---|
| PIB Zone Euro 2026e | +1.6% | EXPANSION |
| Inflation EZ (Jan.) | 1.7% | SOUS CIBLE |
| Taux BCE (dépôt) | 2.00% | STABLE |
| DXY (Dollar Index) | 97.08 | EUR FAVORABLE |
| Brent Crude | $67.94/bbl | MODÉRÉ |
| US 10Y Yield | 4.056% | NEUTRE |
| Or | $5,018/oz | ATH ZONE |
| VIX | 20.53 | ÉLEVÉ |
| Régime Marché | Early Risk-Off | PRUDENCE |
Le STOXX 600 se traite à 14.8x les bénéfices 2026, un rabais de ~50% vs le S&P 500 (29.2x). Avec une croissance BPA attendue de +11%, le ratio PEG européen est nettement plus attractif. Les flux institutionnels continuent de privilégier l'Europe depuis Q4 2025.
Des taux stables à 2% créent un environnement « Boucles d'or » (Goldilocks) pour les actions : assez bas pour soutenir la croissance et le refinancement, assez hauts pour confirmer la sortie de déflation. Les banques conservent leurs marges nettes d'intérêt, tandis que les valeurs de croissance profitent d'un coût du capital modéré. Le vrai risque serait une remontée forcée par un choc tarifaire inflationniste.
Le CAC 40 bénéficie de la rotation sectorielle vers les valeurs industrielles et le luxe. LVMH (8% de l'ETF) profite de la stabilisation de la demande chinoise. TotalEnergies reste solide avec un RSI neutre (52.0). Le principal risque reste la dégradation budgétaire française (Fitch a abaissé la note à A+ en sept. 2025) et les tarifs américains menaçant le luxe et l'aérospatiale. Le spread OAT-Bund reste sous surveillance.
L'Allemagne est le principal bénéficiaire du pivot fiscal européen. Le plan d'infrastructure de €500 milliards est un game-changer après deux ans de stagnation économique. Le DAX 40 atteint des records à ~24,800 pts, porté par SAP (transformation cloud/IA), Siemens Energy (transition énergétique, upgrades analystes massifs), et Rheinmetall (défense/OTAN). L'inflation remontée au-dessus de 2% en janvier est un signal à surveiller. L'IDE allemand vers les US a chuté de 45% sous Trump II.
L'Espagne est la star européenne de 2025-2026. L'IBEX 35 a atteint son premier record en 18 ans fin octobre 2025. La croissance du PIB (+0.6% T/T en T3 2025) dépasse la moyenne de la zone euro, portée par un marché du travail résilient et des exportations hors-US diversifiées (seulement 4.9% vers les US). BBVA et Santander dominent l'indice, bénéficiant des marges d'intérêt élevées. S&P a relevé la note de l'Espagne à A+ en septembre 2025. Exposition aux tarifs US très limitée (1.25% du PIB).
L'Italie offre la meilleure valorisation des 4 grands pays avec un P/E de 13.7x. Le FTSE MIB est dominé par les banques : UniCredit, Intesa Sanpaolo, et Banco BPM. Le catalyseur majeur est la vague de consolidation bancaire (M&A UniCredit/BPMS). Les rendements BTP 10 ans se sont détendus, améliorant la confiance. La production industrielle reste fragile (-0.2% en décembre), mais la confiance s'améliore progressivement. Ferrari (RACE) reste un joyau du luxe automobile.
Secteurs gagnants et perdants sur les dernières semaines au sein du STOXX 600.
La rotation est clairement cyclique/value : les banques mènent (marges NII + M&A), la défense profite du plan OTAN/Allemagne, et les industriels captent le stimulus fiscal. Les valeurs défensives (utilities, telecom, immobilier) sont délaissées. Cette configuration est typique d'un environnement « early cycle » en Europe — privilégier les cycliques à horizon 4 semaines.
Sélection institutionnelle : convergence fondamentaux + technique + catalyseur + timing. Tous ADR cotés aux US pour accessibilité maximale.
BBVA a atteint un ATH à €21.98 le 2 février 2026. L'ADR ($14.20) cote à un P/E attractif de ~8x avec un programme de rachat d'actions en cours. Le BPA Q4 est ressorti conforme (€0.43/action), avec des revenus à €9.79B (+2.3% vs consensus). La banque bénéficie directement de la solidité économique espagnole et de son exposition Latam diversifiée. 12 analystes sur 14 recommandent l'achat (cible moyenne €20.69, potentiel +6% vs ATH).
Rheinmetall est le premier bénéficiaire de la rémilitarisation européenne. Le plan d'infrastructure allemand de €500 milliards inclut un volet défense massif. L'OTAN exige 2%+ du PIB en dépenses militaires — la plupart des pays européens sont en dessous et doivent rattraper. Rheinmetall domine les munitions (40mm, 120mm), les véhicules blindés (Lynx, Panther KF51), et l'électronique de défense. Le carnet de commandes dépasse €50 milliards, un record absolu. Les analystes relèvent massivement les cibles.
Siemens Energy est au cœur de la transition énergétique européenne. Salve sans précédent d'upgrades analystes : Deutsche Bank → €170 (vs €135), Jefferies → €164, UBS → €175 (révisé depuis €38 !). Le carnet de commandes grid/réseaux est à un record historique. L'amélioration opérationnelle (solvabilité, cash-flows) est désormais reconnue par le marché. Le plan d'infrastructure allemand (€500Mds) est un vent arrière structurel.
UniCredit est le champion de la consolidation bancaire européenne. Cible moyenne des analystes à €72.60 (range €57-€85.70), en hausse constante sur 5 trimestres consécutifs. Le catalyseur M&A (dossier MPS, Commerzbank) maintient la prime spéculative. Le P/E italien à 13.7x offre un coussin de valorisation. Les rendements BTP 10Y en baisse renforcent la confiance. Distribution massive de capital (dividendes + buybacks). Simply Wall St a révisé la cible à la hausse de 7.2% récemment.
TotalEnergies offre un profil défensif à haut rendement dans un environnement early risk-off. ADR à $76.65 avec un RSI parfaitement neutre (52.0) et un MACD légèrement positif (+0.37) — configuration idéale pour une entrée swing. Le dividende de ~4.8% offre un carry attractif. Brent stable à $68/bbl, au-dessus du breakeven de TTE. La diversification dans le GNL et les renouvelables réduit la volatilité. Morningstar considère le titre « fairly valued », mais le rendement total (dividende + buyback) dépasse 8%.
| Ticker | Pays | Secteur | Type | Entrée | TP1 | Stop | R/R |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| BBVA | 🇪🇸 Espagne | Banque | BREAKOUT | $13.50-14.00 | $15.20 | $12.80 | 1:2.7 |
| RNMBY | 🇩🇪 Allemagne | Défense | OTAN | €900-950 | €1,100 | €820 | 1:2.0 |
| SMNEY | 🇩🇪 Allemagne | Énergie | MOMENTUM | €140-148 | €165 | €128 | 1:2.0 |
| UNCRY | 🇮🇹 Italie | Banque | CATALYST | $42-44 | $48 | $39.50 | 1:2.5 |
| TTE | 🇫🇷 France | Énergie | DÉFENSIF | $74.50-76 | $82 | $70 | 1:2.3 |
Menace de 10% sur 8 pays européens (fév. 2026), escalade potentielle à 25% en juin. Rétorsion EU de €93 milliards. Risque majeur pour l'automobile (DE), le luxe (FR), et l'aérospatiale.
Le DAX et le CAC sont proches de leurs ATH. Un VIX à 20.5 et un régime « early risk-off » suggèrent une vulnérabilité aux prises de profit. La saisonnalité de février-mars est historiquement volatile.
L'euro renforcé (DXY à 97) pèse sur les exportateurs européens. Un EUR/USD au-dessus de 1.10 réduirait les marges des groupes exposés au dollar (luxe, pharma, tech).
3 dégradations de la note française en 2025 (Fitch à A+). Spread OAT-Bund sous pression. Instabilité politique récurrente (motion de censure sept. 2025).
L'inflation allemande a remonté au-dessus de 2% en janvier 2026, alimentant les craintes d'une BCE moins accommodante à terme. Le marché du travail reste tendu.
Tensions OTAN/Russie (Allemagne hub logistique), cyber-risques (« Guerre hybride »). L'augmentation des dépenses de défense est à double tranchant (stimulus mais déficit).